jeudi 15 septembre 2011

un, dix, mille squats ! Les 10 ans d'Overdale et Préfontaine


LES PAUVRES PRENNENT LA BASTILLE !
Manif-action pour le droit au logement et contre la gentrification!
Dimanche 2 octobre 2011
Rassemblement à 12h
Au Carré St-Louis
Départ de la manifestation à 13h



Dix ans après l’expulsion des squats Overdale et Préfontaine,
La gentrification ravage Montréal… et des immeubles sont toujours vides !


Le 27 juillet 2001, en pleine crise du logement, une manifestation de 700 personnes – militantEs anticapitalistes, itinérantEs, intervenantEs communautaires et révoltéEs en tout genre – se dirigeait d’un pas décidé vers le centre-ville de Montréal afin d’appuyer l’ouverture d’un squat politique. L’occupation de l’édifice Overdale dura 6 jours. Les médias prirent d’assaut l’événement et des centaines de personnes étaient en permanence sur place. Après d’âpres négociations, le maire alors en poste, Pierre Bourque, accorda aux squatteurs l’autorisation «d’occuper» un autre édifice abandonné appartenant à la Ville, le Centre Préfontaine. L’aventure dura jusqu’au 3 octobre.

La prise d’une bâtisse vide sur la rue Overdale pour en faire un squat politique et son futur déménagement sur la rue Préfontaine allaient devenir, dans l’imaginaire collectif, un des symboles forts de la lutte des mal logéEs contre l’implacable crise du logement à Montréal.

En août 2001, le maire actuel de Montréal, Gérald Tremblay, n’était encore qu’un candidat aux élections municipales en cours. Il sommait Pierre Bourque « de prendre tous les moyens nécessaires pour que cesse cette désobéissance civile ». Dix ans plus tard… pourrait-on sommer ce même Tremblay de démissionner parce que la désobéissance civile, mais celle des riches, des mafieux, des promoteurs et des spéculateurs cette fois, a atteint des niveaux qu’on n’avait pas vus depuis l’ère Drapeau? Parce que le copinage, la corruption, la magouille et l’immobilier sont devenus des bars open pour les amis du pouvoir. Et surtout parce que tout ce qui ne tournait pas rond avec l’habitation et le logement pour les moins nantis tourne maintenant carré!

La question du logement est fondamentale dans la qualité de vie des personnes et des familles. Dans les faits, les conditions de vie d’une majorité de la population montréalaise se sont dégradées depuis 10 ans. Après le droit de s’alimenter, le droit d’avoir un toit sur la tête est celui qui conditionne tous les autres. Et on voudrait le marchander, le « mafiatiser » ou en tirer profit. Vivre empilés les uns sur les autres, les riches ne connaissent pas ça! Et encore, on ne parle pas des 30 000 itinérantEs… qui ne font même pas lever les yeux à ce bon Tremblay quand la police en abat de sang froid !

La société actuelle est régie par le capitalisme qui profite à une petite minorité et condamne un trop grand nombre à la misère et la pauvreté. Pour le Comité des sans-emploi, l’organisation et la lutte sont plus nécessaires que jamais pour améliorer les conditions de vie de la majorité de la population. La répression qui augmente contre celles et ceux qui osent se lever renforce notre indignation. Réquisition de nourriture, réquisition des lieux privés comme publics, le Droit à la vie et le Droit de cité pour tout le monde passent avant les privilèges et intérêts des riches! La vie peut et doit être meilleure… Ici et maintenant !

Une invitation du Comité des sans-emploi Montréal-Centre, cse.mtl.centre@gmail.com

mardi 13 septembre 2011

Des flics et un larbin



On le sait, Lagacé aime bien trôner au-dessus de la mêlée en crachant ici et là ses chroniques, qu'il fait passer comme étant du journalisme. Je lis souvent ce qu'il écrit, autant que du Martineau ou du Duhaime, parce que nous devons créer un espace d'information autours de la désinformation ambiante ou, quand involontaire, la connerie abyssale des chroniqueurs (et journalistes) de ce monde. Penchons-nous aujourd'hui sur un des sujets sur lequel Lagacé aime bien écrire un amoncellement de marde : la brutalité policière .

Justement, il nous parle ces derniers temps d'une intervention policière...comment dit-on déjà ? Ah ! oui, «musclée», filmée par le téléphone d'un dude lambda. Le tout commence par une réaction sur son blogue. Bien qu'avouant ne pas connaître le contexte ( «Comment en est-on venu à ça ? On ne le sait pas. Le contexte n’y est pas.»), Lagacé ne se prive pas pour avancer ses propres conjectures : «Mais ça ressemble à une sortie de bar et ces scènes-là sont rarement élégantes.» Or, qu'apprend-on suite à la lecture de témoignages ? Que, loin de sortir d'un bar, les personnes apparaissant sur la vidéo sortaient plutôt d'une projection cinématographique et que l'un d'entre eux avait dans les mains une canette de bière. Les flics, passant tout près, l'ont repéré comme un requin repère sa victime, et s'en est suivi l'inévitable coutume policière de frapper à tout va, de poivrer et d'arrêter le premier qui passe à portée. Mais pour Lagacé, ça va. «Jusqu’ici, même si les images ne sont pas nécessairement édifiantes, je ne suis pas scandalisé», écrit-il. Parce que c'est un vrai lui, tsé : un de ces journalistes qui savent faire la part des choses, pas vrai ? Toutefois, une jeune fille, que l'on présume connaître le jeune homme poivré, se porte à la secours de celui-ci et, parait-il, tente de lui verser de l'eau sur le visage (on se souvient de ses cours de médics, tout le monde ?) afin de le soulager un peu. Ces bonnes intentions sont criminelles aux yeux d'un flic, qui l'agrippe pour ensuite la lancer sur un poteau de stationnement. C'est choquant. Mais pas assez pour Lagacé puisque : «qu’il la manipule pour la déplacer, ça va : les agents ont affaire à parler au jeune poivré, ça ressemble à une arrestation imminente.» Oui, il faut que les flics mettent les menottes à un dude, souffrant à cause du poivre, et le sacre dans leur char, le laissant là-dedans pendant...oh, pendant le temps qu'ils pensent nécessaire ! Alors dégage et cesse d'aider tes amis. C'est, en somme, la philosophie de Lagacé. Il l'écrivait d'ailleurs dans une chronique de 2008, après l'assassinat policier de Montréal-Nord : «Ton ami se fait arrêter par la police? Ferme ta gueule. Sors ton portable et filme la scène: s'il y a en effet brutalité policière, YouTube se chargera de faire de l'agent une «star» du web.» Cela a le mérite d'être clair, n'est-ce pas ?

Mais n'arrêtons pas là ! Lagacé, lui, ne le fait pas non plus. Le lendemain de sa réaction sur son blogue, il transforme sa marde initiale en caca professionnel. Ce n'est pas un alchimiste : le résultat n'est pas fameux. S'est-il renseigné ? Non : «On ne connaît pas la raison de l'intervention». A-t-il changé d'avis sur l'évidente violence policière ? Non : «Ce jeune homme, plaqué contre la voiture de patrouille par quelques policiers qui tentent de le maîtriser? Pas beau à voir. Brutal, mais est-ce de la brutalité policière? Pas sûr.» Remarquez qu'il admet le caractère brutal de l'intervention policière, mais la matraque qu'il a dans le cul (juste à gauche d'un insigne du SPVM) l'empêche encore d'associer les deux concepts. Quand la fille se fait tordre les poignets dans le dos et sauvagement agripper, est-ce là de la brutalité, herr Doktor ? Nein ! «les flics ont affaire à ce jeune homme, la fille est dans le chemin, le policier la soulève brusquement. Pas amusant à voir. Mais nécessaire.» Il faut attendre un peu plus loin de sa chronique pour enfin voir un peu de lumière dans cet anus. Après recension de ses délires, je suis convaincu qu'il aurait pu nier le tout en bloc, du début à la fin. Mais ce n'est pas son style. Un bon larbin en est un prêt à faire quelques sacrifices pour le «bien commun» policier. Alors, que fait-on ? On jette à la plèbe le flic le moins défendable en prenant bien soin de garder sous silence la complicité tacite de ses collègues et du SPVM dans son ensemble. Toujours en précisant avoir «un respect immense pour le travail des policiers»...

C'est un euphémisme. Lagacé est éminemment respectueux des policiers. En fait, il l'est tellement qu'il a la langue brune à force de l'enfourner dans les fesses des flics. L'on se souviendra de la tuerie du SPVM en juin dernier. Non content d'assassiner un itinérant (la routine, quoi), les agents ont eu le malheur, en vidant leurs chargeurs, d'atteindre un autre dude dans la rue, un «bon citoyen» cette-fois. Même le Journal de Montréal est en furie. Mais oh ! c'est sans compter Lagacé qui, bien évidemment, se porte à la rescousse de ses amis. Dans sa chronique «putain de couteau», celui qui aujourd'hui ne connait pas le contexte en savait long cette journée-là sur ce qui s'était passé rue St-Denis. Assez, même, pour nous expliquer ce que pensaient les flics et nous offrir un dialogue digne d'un procès-verbal dûment enregistré. Mais il n'était pas là. Ses amis y étaient. Ça suffit pour lui. Il fera tout pour les innocenter. Car, n'oublions pas que : «c'est dénaturer cette tragédie que de parler, stupidement à ce stade, de «bavure» de la police.» Le lendemain, l'efficacité de notre larbin refait surface. Dans «Fusillade du SPVM : mort absurde, oui ; bavure, pas sûr», il recommence la tactique bien éprouvée du sacrifice pour le plus grand bien policier. Car, «il est outrancier de parler de « bavure policière ». Marcellus François, Anthony Griffin, Richard Barnabé : voici d’authentiques bavures policières, des dérapages d’agents trop crinqués. Mais dans le cas qui nous occupe ? Calmons-nous. » Assez, assez ! Laissez donc ces pauvres flics en paix. Après tout, ne sont-ils pas emmenés rapido presto à l'hôpital pour traiter ces chocs nerveux ? Juste le temps qu'il faut pour un petit debriefing entre agents. Entre agents et Lagacé, tiens. Ce serait une explication pour toutes ces informations privilégiées qu'il tire de son chapeau le lendemain même des événements. Mais ce n'est pas le plus beau, dans tout ça. N'importe qui peut ainsi se porter à la défense inconditionnelle des flics. C'est ainsi que ça fonctionne dans notre petit monde pourri. Par contre, qui peut prétendre le faire avec autant de passion que Lagacé ? Parce qu'il faut le faire, en plus de ça, s'offrir le luxe, dans « Un trio chez McDo», d'écrire cette petite nouvelle sur le quotidien du flic patrouillant un quartier rough. Bien sûr, ce n'est pas le quartier de Lagacé, mais pourquoi ne pas étirer la sauce sur ce que les gens vivent là-bas ? Et surtout c'est si beau ! Une perle du genre, je vous l'assure. C'est l'histoire d'un flic qui connait bien le quartier. Il en a des années dans le corps, le gentil monsieur. Un jour, il rencontre son ami pas chanceux dans un McDo et «les deux hommes ont parlé de la vie, de celle du poqué qui s'était retrouvé à la rue, surtout. Le poqué voulait bien se reprendre en main, mais bon, ce n'était pas si simple. Certains démons sont forts, vous savez. Le flic l'a écouté, l'a encouragé.» Oui, parce que le monsieur il est gentil et il aide son ami pas chanceux. Faudrait faire des recherches pour savoir si Lagacé est un des scénaristes des Teletubbies. Le punch ? Le gentil agent de la paix revoit plus tard son ami dans la rue. C'est Mario Hamel. Arrive ce qui arrive. Bang !

Vous vous souvenez de la règle des quelques sacrifices ? C'est la morale de cette histoire : «Après tout, policier, c'est comme n'importe quel métier: il y en a des extraordinaires, il y en a des nuls. Entre les deux, une masse critique qui fait honnêtement et correctement son métier.»

Bon, on lit ça et tout et on se dit que le contraire doit être vrai ; qu'il doit aussi nuancer, au contraire de ses collègues, les démonstrations anticapitalistes radicales. Ce serait mal le connaître. Je suis sûr que plusieurs d'entre vous se souviennent encore de sa célèbre chronique «petits rots révolutionnaires» dans lequel il s'adresse aux «camarades», qu'il traite tour à tour de lâches, d'incultes, d'idiots, d'enragés et de «tatas sans envergure» (ma préférée). C'est que Lagacé vit de contradictions ; il baigne dedans comme un cochon se vautre dans sa fange.

Voyez le schéma : un flic matraque, poivre et même tue des gens, c'est malheureux mais nécessaire. Toutefois, quand des anticapitalistes fracassent quelques vitres dans le centre-ville, là ce sont des fous-furieux dangereux sans cervelles.

Bon. J'arrête. Ça me déprime.


Fosse sceptique :

http://www.cyberpresse.ca/chroniqueurs/patrick-lagace/201109/13/01-4447025-un-flic-bien-brave.php

http://blogues.cyberpresse.ca/lagace/2011/09/11/de-la-brutalite-policiere-pure-et-simple/

http://www.cyberpresse.ca/chroniqueurs/patrick-lagace/201106/13/01-4408611-un-trio-chez-mcdo.php

http://blogues.cyberpresse.ca/lagace/2011/06/09/fusillade-du-spvm-mort-absurde-oui-bavure-pas-sur/

http://www.cyberpresse.ca/chroniqueurs/patrick-lagace/201106/08/01-4407421-putain-de-couteau.php

http://www.cyberpresse.ca/chroniqueurs/patrick-lagace/200903/16/01-836797-petits-rots-revolutionnaires.php

http://www.cyberpresse.ca/chroniqueurs/200809/08/01-662275-un-samedi-soir-ensoleille.php

dimanche 11 septembre 2011

Appel de textes pour Subversions !


Au mois de mai 2011, SUBVERSIONS, le premier recueil de fiction du Bloc des auteur-e-s anarchistes de Montréal, a laissé déferler ses mots sur le monde. À partir de là, deux choix : lire ce tome 1 ou écrire pour le tome 2!
Claviers, plumes, crayons et dactylos libertaires, vous avez jusqu'au 31 octobre 2011 pour rédiger une fiction d'un maximum de 2500 mots, à paraître dans le deuxième
recueil SUBVERSIONS.
Fondé lors du 11e Salon du livre anarchiste de Montréal en 2010, le Bloc désire promouvoir les théories et les pratiques de l'anarchisme à travers la littérature.
En tant qu'auteur.e.s anarchistes, nous luttons pour une société égalitaire, verte, libre et autogérée, par la démocratie directe et l'action directe. La littérature anarchiste participe à cette lutte. Si vous ou vos textes de fiction prennent part à cette révolution, soumettez-nous vos écrits à l'adresse suivante : awb@daemonflower.com.
Bien que nous préférons un envoi électronique, vous pouvez soumettre votre
manuscrit par la poste à l'adresse suivante: Bloc des auteur-e-s anarchistes a/s
Librairie Insoumise, 2033 St-Laurent, Montréal (QC), H2X 2T3
Cette fois-ci, en plus de l'anglais et du français, les textes peuvent être rédigés en
espagnol et en italien.
Pour plus de détails sur l'écriture, la sélection et l'envoi des textes, visitez le site Web
du Bloc (http://awb.daemonflower.com) ou communiquez avec nous au
awb@daemonflower.com.
Le volubile possible est à nos portes! Ne reste qu'à l'écrire...
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[Capsule] Coïncidence

Aujourd'hui, cela fait neuf ans que la gauche, modérée comme radicale, a recommencé à commémorer le coup d'État chilien du fasciste Pinochet le 11 septembre 1973, qui a renversé le socialiste étatique élu Salvador Allende. L'on nous dit que ça aurait un rapport avec autre chose.

[Capsule] So long, sucker

Jack Layton n'est plus. Près de 29 ans après le début de sa carrière politique, celui qui incarnait la nouveauté au parlement est décédé. L'on se souviendra de ses grandes réalisations...électorales. Par ailleurs, certains anarchistes québécois auraient commencé la production d'affiches arborant le slogan «Tous pareils, tous pourris, sauf Jack».

samedi 3 septembre 2011

[Capsule] Bastiat en banlieue

Afin d'accroître la compétitivité québécoise, le Conseil du patronat du Québec, en coopération avec ses esclaves sexuels des différentes administrations politiques, a annoncé hier un plan de sauvetage public de 15 milliards pour payer les piscines creusées géantes de ses membres. Présenté comme étant une véritable «révolution de l'arrière-cour» par le ministre des finances du Québec, ce projet a reçu l'aval de nombreux commentateurs publics, qui voient dans ce geste un effort de «réconciliation sociale» et un grand pas pour l'acquisition d'une équipe de hockey à Québec. Questionnés sur ce lien, lesdits commentateurs ont alors accusé les journalistes présents d'être des «gauchissses du Plateau», des fils illégitimes de Staline ainsi que des ressortissants nord-coréens. Des allégations qui devraient faire prochainement l'objet d'un dossier spécial dans les pages des journaux de Quebecor, a annoncé la chaîne télévisée Sun Media.