mardi 24 avril 2012

Subversions, tome II : tout ce que vous avez aimé du premier, en format jumbo

Montréal, le 24 avril 2012 – Le Bloc des auteur-e-s anarchistes, collectif fondé à Montréal en 2010, lance le 3 mai prochain Subversions Vol. II, un recueil de nouvelles anarchistes contemporaines. Le Bloc des auteur-e-s anarchistes vise à développer un espace pour les initiatives artistiques, créatives et fictionnelles au sein du milieu libertaire et dans la collectivité en général à travers une série de projets audacieux alliant création et critique politique libertaire. Le lancement du livre, préfacé par Raoul Vaneigem, aura lieu à la Casa del Popolo et sera ponctué de performances musicales et de lectures.

Devant le succès obtenu par le premier tome lancé au printemps 2011, le Bloc des auteur-e-s anarchistes récidive cette année encore en publiant le second volume de Subversions. Ce recueil de nouvelles, produit et édité de manière autogérée, rassemble vingt-huit textes étant, chacun à sa manière, en guerre contre l’État, la religion, l’économie marchande, le patriarcat, la société actuelle, mais œuvrant aussi à faire imaginer une société égalitaire, autonome, solidaire, une société libertaire. Ces textes sont issus d'auteur-e-s établi-e-s et émergent-e-s d'Europe et d'Amérique; mentionnons notamment Isabelle Baez (Le Quartanier), Bruno Massé (Guy St-Jean Éditeur), Norman Nawrocki (Black Rose Books), Sandra Jeppesen (Gutter Press) et Edoardo Olmi (Felici Editore). Renouant avec le bilinguisme qui caractérise ses activités, le Bloc a accentué pour cette seconde publication son caractère transnational en invitant huit auteur-e-s italien-ne-s à collaborer au projet.

Fondé lors de la onzième édition du Salon du livre anarchiste de Montréal en mai 2010, le Bloc des auteur-e-s anarchistes s'est rapidement révélé être un collectif pluriel, solidaire et audacieux rassemblant des écrivain-e-s désirant lutter contre l’ordre dominant par le biais de la fiction, de l’imagination et de la création. Formé d'auteur-e-s aussi différent-e-s que le sont les horizons de l'anarchisme, le Bloc s'est résolument ancré dans la lutte artistique comme vecteur de lutte sociale dans cette guerre qui nous oppose à l'oppression sous toutes ses formes. Au cours de ses deux années d'existence, le Bloc a publié deux recueils de nouvelles, organisé une dizaine de cabarets (dont les contributions paraissent dans le zine Ex-pressions) et quelques ateliers littéraires, et présenté une pièce au dernier Festival international de théâtre anarchiste de Montréal.

Le lancement du recueil aura lieu le jeudi 3 mai prochain à 17h à la Casa del Popolo (4873 Saint-Laurent). Des lectures des membres du Bloc parsèmeront la soirée, qui sera aussi agrémentée d'une prestation musicale du groupe acoustico-punk Die Sashiko. L’entrée est (évidemment) gratuite. Un lancement sera aussi organisé le 5 mai à 17h Québec, au bar coopératif L'Agitée.

SUBVERSIONS VOL. II est distribué aux États-Unis et en Europe par AK Press (Oakland) et au Canada par le Bloc des auteur-e-s anarchistes.
ISBN 978-2-9805763-2-4
260 pages; 7”x 5.5”; 15$

mardi 10 avril 2012

Le COBP vous invite à un bal masqué !



Lundi le 16 avril 2012 à 18h

à la Place Vauquelin (à l'Ouest de l'Hôtel de Ville, 275 Notre-Dame E.)

Pour la liberté de manifester masqué, sans trajet ni permis!

Le lendemain de la manif historique du 15 mars 2012 contre la brutalité policière à laquelle des milliers de gens ont participé, le maire de Montréal Gérald Tremblay s'est dit « dégoûté » par les images de vandalisme (mais pas par la brutalité de ses policiers). Il a déclaré qu'il voulait interdire le port des masques dans les manifs et même refuser d'accorder un « permis » pour manifester si les organisateurs-ices refusent de fournir leur trajet aux policiers.

Pourtant, on sait que ce « permis » n'existe pas vu que les Chartes des droits et libertés québécoise et canadienne protègent théoriquement le droit de manifester pacifiquement, le droit de s'assembler et la liberté d'expression... Quant au port du masque dans les manifs, il y a plein de raisons de se masquer, comme pour garder l'anonymat ou pour ajouter un élément artistique et festif à une dénonciation. Surtout quand on dénonce un système qui criminalise les gens par association, car le seul fait d'être présent dans une manif déclarée illégale par la police peut mener à des condamnations.

En plus il existe déjà un article du Code Criminel du Canada qui interdit de se « déguiser » dans le but de commettre un crime, donc un règlement municipal contre les masques ne serait qu'un outil de plus dans l'arsenal des policiers pour faire de la répression politique. Comme si les dizaines d'anti-émeutes, les grenades assourdissantes, les gaz et le poivre, les flics à vélo, les chiens, la cavalerie, l'hélicoptère, les accusations de participation à un attroupement illégal ou à une émeute, les tickets P-6 pour manif illégale ou le ticket pour l'article 500.1 du Code de la Sécurité Routière pour « avoir participé à une action concertée destinée à entraver la circulation routière », les arrestations de masse de milliers de manifestants depuis les années 1990 ce n'était pas assez...

L'administration Tremblay avait parlé d'adopter un tel règlement en 2009, mais ils avaient reculé devant les critiques de défenseurs des droits et libertés de même que la contestation de militantEs regroupés dans le collectif Gros Bon Sens qui avait organisé un Bal Masqué à l'Hôtel de Ville en janvier 2009. Le nom de ce groupe était dû aux commentaires des représentants du SPVM qui disaient aux gens de faire confiance au « gros bon sens » de ses agents pour l'application du règlement anti-masques... Ce nouveau ticket fait partie des demandes de la Fraternité des Policiers et Policières de Montréal depuis plusieurs années. Le président du syndicat policier Yves Francoeur, pour qui la police est « une institution paramilitaire », dit que les pauvres policiers n'ont pas une job facile et qu'ils avaient besoin d'un prétexte de plus pour arrêter des manifestantEs... Suite au 15 mars dernier le maire Tremblay a ordonné à la Commission de Sécurité publique de la Ville de réviser « tous les règlements municipaux » en lien avec les manifs pour éviter les « débordements » et mieux les réprimer.

Les agents du SPVM procèdent déjà à des fouilles abusives, des arrestations préventives et illégales (arrêter des gens avec des pancartes et drapeaux sous prétexte que le règlement anti-manif P-6 interdit d'avoir un bâton « sans motif raisonnable ») et à des arrestations de masse même si l'ONU a critiqué cette tactique en 2005. Il existe des règlements municipaux qui interdisent aux piétons de marcher dans la rue et « d'émettre un bruit audible ». Sans oublier que le Père Noël et le Bonhomme Carnaval seraient eux aussi passibles d'amendes si l'administration Tremblay adopte un tel règlement... Mais les policiers eux auraient le droit de continuer à porter des cagoules pour des raisons de « sécurité publique » bien-sûr. Manifestons masqués contre la répression et pour le droit de manifester librement!

Pour + d'infos : Collectif Opposé à la Brutalité Policière - cobp@resist.ca - www.cobp.resist.ca

lundi 9 avril 2012

«Front commun» et salive


Aujourd'hui je fais quelque chose d'inhabituel. Après avoir pris connaissance de ce texte anonyme sur un site ayant trait à la présente grève étudiante et largement diffusé sur le site honnis de facebook, j'ai décidé de publier ma réponse sur mon blog avec le fol espoir d'avoir des lecteurs et lectrices et d'ainsi dépasser le stade strictement facebook du débat.

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J'ai l'impression que l'auteur manque cruellement de connaissances du mouvement étudiant ou d'expérience dans celui-ci. Il (elle ?) aurait tout avantage à expliquer par quel brio intellectuel il est parvenu à étendre la notion de corporatisme au respect des mandats d'assemblée générale en congrès. Instance décisionnelle qui ne semble pas être très importante pour l'auteur, tant il préférerait que Nadeau-Dubois soit proclamé imperator, lui qui est capable de s'élever au-dessus de nos tristes «égos» pour faire des choix exceptionnels et poser des gestes infiniment plus grands que la somme de nos délégué.es. En outre, cette fascination pour les «leaders» (la CLASSE, les execs, le porte-parole) est inquiétante et tout à fait incongrue dans la tradition de démocratie directe à l’ASSÉ et, par extension, à la CLASSE. Les exécutant.es des associations sont mandaté.es par leurs assemblées générales et révocables par celles-ci en tout temps. Ce sont avec ces mandats en main que les délégué.es votent ou s'abstiennent lors des congrès, et à leur tour procèdent à des élections sur des postes nationaux, par exemple le porte-parole, qui ne fait que représenter le congrès, de la même façon qu'au local : il n'est qu'un exécutant national du congrès. (Comme tous comme les comités et l'autre porte-parole que l'on oublie trop souvent.)

C'est exactement le genre d'article sur lesquels je me sens en droit de cracher, non pas parce que son auteur ne «pense pas de la bonne façon», mais parce qu’il ce texte est le reflet de son ignorance. L’on pourrait croire que l’auteur se donnerait la peine de faire quelques recherches sur le fonctionnement de la CLASSE (lui qui, dit-il, en est membre) et l’histoire du mouvement étudiant qui, tout comme les fédérations étudiantes, ne débutent pas en 2005. Cela lui permettrait peut-être de remettre en contexte les «petits enjeux corporatistes» et les «politicailleries» sont en fait des divergences majeures quant à la conception politique de la lutte et du syndicalisme étudiant : la différence toute fondamentale entre syndicalisme de combat et concertationnisme ou «lobbyisme». De nombreux textes à ce sujet sont disponibles sur le site de l’ASSÉ ou de quelques associations membres, de même que quelques ouvrages faciles à trouver :

Pierre Bélanger, Le mouvement étudiant québécois : son passé, ses revendications et ses luttes, Montréal, ANEQ, 1984

Benoit Lacoursière, Le Mouvement étudiant au Québec de 1983 à 2006 Montréal, Sabotart Éd., coll. « Mémoire & Luttes », 2007

Jean-Marc Piotte, Le syndicalisme de combat, Montréal, Albert Saint-Martin, 1977 et Du combat au partenariat. Interventions critiques sur le syndicalisme québécois, Québec, Nota Bene, 1998.

...et d'autres encore.

C’est bien beau de faire un coup de gueule, mais quand celle-ci est édentée ça perd un peu de sa pertinence.


* Ayant moi-même été affiché quand les flics m'ont kidnappé en échange d'une rançon, et bien que ma situation ne soit pas comparable à l'épiphénomène auquel on assiste avec Gabriel Nadeau-Dubois, je ne veux pas lui lancer l'accusation d'entretenir un culte de la personnalité. Je suis sûr qu'il n'a rien à voir avec tout ce bardas. Cela dit...avouez que c'était prévisible.